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Capitaine (à la retraite) Hélène Le Scelleur

Hélène Le Scelleur comprend bien les difficultés que certains soldats doivent surmonter tant pendant qu’après leur service militaire. Elle a elle-même revêtu l’uniforme pendant 26 ans et dit adieu à deux camarades alors qu’elle se trouvait en Afghanistan. Elle poursuit aujourd’hui des études doctorales en travail social, où elle explore l’expérience de transition identitaire des militaires vers la vie civile. Elle est membre de la première nation des Montagnais du Lac Saint-Jean.

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Captain (Ret’d) Hélène Le Scelleur

C’est en 1990, à l’aube de l’âge de la majorité, qu’Hélène Le Scelleur est devenue réserviste dans les Forces armées canadiennes (FAC). Ses parents n’étaient pas convaincus qu’elle y ferait long feu. Elle les a surpris en gravissant rapidement les échelons militaires, passant de sous-officier à officier, pour devenir capitaine en 2007.  

Lors de ses neuf premières années de carrière à Montréal, Le Scelleur a enchaîné les contrats à temps plein dans la Réserve, au sein de l’infanterie et de l’administration. Elle faisait partie des premières cohortes de femmes à œuvrer dans les armes de combats, un rôle qui était précédemment réservé uniquement aux hommes. Sachant qu’elle était vouée à une longue carrière militaire, elle a fait la transition dans les forces régulières en 1999.

Au milieu des années 1990, la mission de paix de l’ONU dans les Balkans est passée sous le chapeau de l’OTAN. C’est à ce moment que Le Scelleur a effectué sa première mission outre-mer en Bosnie. Le Canada y était alors la première force de mise en œuvre, visant à stabiliser la région après la guerre civile. « Les limites des règles d’engagement étaient plus grandes. Nous disposions de beaucoup plus de flexibilité dans notre capacité d’intervention. » Elle y est retournée une seconde fois, en 2002, et c’est durant cette mission qu’elle a choisi de viser un rôle de leadership plus important en devenant officier.

En 2007, le Canada a entamé sa sixième année de présence en Afghanistan. Hélène Le Scelleur y est partie en déploiement. Elle occupait alors le poste de commandant adjoint de la compagnie médicale, responsable de la planification du soutien médical des équipes de combat et de la coordination des évacuations des zones de combats vers l’hôpital militaire de Kandahar. Le transport lors de ces évacuations n’était pas sans danger. Les Canadiens connaissaient déjà très bien le caractère aléatoire des attaques avec engins explosifs envers les convois militaires.

Hélène en Afghanistan, dans un convoi en direction de Spin Boldak.

Hélène en Afghanistan, dans un convoi en direction de Spin Boldak.

« C’était une nuit sans lune et on ne voyait absolument rien. Il y avait des clignotements de lumières à l’horizon et où nous nous trouvions. On ne savait pas si c’était un signal, si une autre attaque allait survenir. »

Alors qu’elle prenait place dans un convoi, une explosion est survenue et elle a perdu connaissance. Elle s’est réveillée quelques instants plus tard et a entendu ses collègues appeler pour de l’aide médicale. Le conducteur de son véhicule était blessé. Plusieurs autres soldats l’étaient aussi. Ils ont passé presque quatre heures d’enfer en attendant des secours. La peur d’une seconde explosion était bel et bien présente. « C’était une nuit sans lune et on ne voyait absolument rien. Il y avait des clignotements de lumières à l’horizon et où nous nous trouvions. On ne savait pas si c’était un signal, si une autre attaque allait survenir. »

Elle a perdu deux camarades qui étaient sous son commandement lors de cette mission. Elle a rapporté avec elle au Canada ce traumatisme et un sentiment de culpabilité. Peu de temps après, les symptômes de l’état de stress post-traumatique (ESPT) ont fait leur apparition et elle a entrepris une thérapie.

Au même moment, elle a décroché une nouvelle occasion de déploiement en tant qu’aide-de-camp auprès de la gouverneure générale du Canada de l’époque, Michaëlle Jean. Elle croyait au départ que ce nouveau défi l’aiderait à surmonter ses blessures psychologiques, mais elle s’est plutôt mise à abuser de l’alcool et à avoir des pensées suicidaires. Grâce à l’aide de son fils aîné et à un retour aux études, elle a réussi à passer au travers de ces moments difficiles.    

En 2016, après 26 années de service, elle a été libérée des FAC en raison de son ESPT. L’année suivante, elle a fait partie de l’équipe canadienne aux Jeux Invictus de Toronto. Son expérience d’entraînement pour les Jeux lui a redonné l’énergie positive nécessaire pour reprendre sa vie en main.

« C’est certain que le contexte structuré des études a aidé. J’effectuais aussi du bénévolat à l’époque pour aider les vétérans blessés et c’est l’autre partie qui a fait en sorte que je suis mieux aujourd’hui. »

Hélène Le Scelleur a aussi entrepris une maîtrise en travail social qu’elle a terminée juste avant d’être libérée. Elle attribue une partie du succès de sa reprise en main à la discipline requise pour ce retour aux études : « C’est certain que le contexte structuré des études a aidé. J’effectuais aussi du bénévolat à l’époque pour aider les vétérans blessés et c’est l’autre partie qui a fait en sorte que je suis mieux aujourd’hui ». Elle termine actuellement son doctorat avec comme objet de recherche l’exemple des militaires canadiens et leur expérience de transition identitaire vers la vie civile.

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