Les femmes

Aux prises avec différents défis, les femmes ont prouvé leur engagement à l'égard de la liberté du Canada de par leur dévouement et leur bravoure sur le front intérieur et le champ de bataille.

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Des infirmières militaires canadiennes à un hôpital en France votent pour l'élection fédérale canadienne

Photo: Des infirmières militaires canadiennes à un hôpital en France votent pour l'élection fédérale canadienne. Décembre 1917.Photo : Bibliothèque et Archives Canada PA-002279

Les femmes au sein des forces armées

Introduction

Les Canadiennes ont contribué de façon importante aux efforts militaires de notre pays au fil des ans, et elles ont dû surmonter de nombreux obstacles pour pouvoir servir en uniforme en tant qu'infirmières ainsi que dans d'autres rôles de plus en plus variés. Ce service continue aujourd'hui alors que l'on retrouve des femmes en service aux côtés de leurs homologues masculins dans tous les métiers des Forces canadiennes.

La Première Guerre mondiale

Les premières contributions des Canadiennes à l'effort militaire ont été fournies par les infirmières qui soignaient les malades et les blessés en temps de conflits. On les appelait « nursing sisters » (sœurs-infirmières) puisqu'au départ, elles avaient été recrutées dans des ordres religieux. Plus de 3 100 infirmières militaires canadiennes ont servi dans le Corps de santé canadien pendant la Première Guerre mondiale, souvent près des lignes de combat en Europe et à la portée des tirs ennemis. Leurs robes bleues et leurs voiles blancs leur avaient valu le surnom de « bluebirds » (oiseaux bleus) et elles étaient très respectées en raison de leur compassion et de leur courage. Pendant la Première Guerre mondiale, les Canadiennes ne pouvaient pas servir dans d'autres rôles militaires.

A Wren operates Direction Fiding equipment

Une « Wren » opère l'équipement de radiogoniométrie à la base NCSM Coverdale près de Moncton (Nouveau-Brunswick). Août 1945. Photo : Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada PA-142540.

La Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, on a vu les Canadiennes retourner servir en tant qu'infirmières militaires. Cette fois-ci, environ 4 500 infirmières étaient affectées aux trois branches des forces armées du Canada et plus des deux tiers ont servi outre-mer. Les infirmières militaires de la Seconde Guerre mondiale étaient vêtues d'un uniforme militaire et portaient le traditionnel voile blanc. À titre d'officiers commissionnés, elles étaient respectueusement appelées « Ma sœur » ou « Madame ». En fait, les infirmières militaires du Canada ont été les premières dans tous les pays alliés à recevoir le statut d'officier. Les Canadiennes ont également servi dans d'autres rôles militaires pendant la guerre et, en fin de compte, environ 50 000 femmes se sont enrôlées dans l'aviation, l'armée de terre et la marine.

  • Service féminin de l'Aviation royale du Canada (SFARC)

    Le Service féminin de l'Aviation royale du Canada (SFARC) a été créé le 2 juillet 1941 – une première pour le Canada. À la fin de la guerre, il comptait environ 17 000 membres. Les recrues du SFARC n'étaient pas formées pour devenir des instructeurs de vol ou des combattants; en fait, l'esprit de leur participation peut être décrit par la devise du Service féminin « We serve that men may fly » (Nous servons pour que les hommes puissent voler). Leur formation initiale les préparait au travail de bureau et à des fonctions administratives et de soutien. Cependant, à mesure que la guerre se prolongeait, les femmes ont également occupé des postes d'arrimeurs de parachutes et d'assistantes de laboratoire et ont même travaillé dans les métiers de l'électricité et de la mécanique traditionnellement dominés par les hommes. Un grand nombre de membres du SFARC a été envoyé en Grande-Bretagne pour servir dans les escadrons et les quartiers généraux canadiens.

  • Service féminin de l'Armée canadienne (CWAC)

    Le CWAC a été officiellement établi le 13 août 1941 et à la fin de la guerre il comptait environ 21 000 membres. Au départ, les tâches des membres du CWAC étaient plutôt traditionnelles : cuisinières, nettoyeuses, couturières et adjointes médicales. Cependant, les tâches ont augmenté avec le temps pour inclure des fonctions traditionnellement masculines comme chauffeuses de camions et d'ambulances, mécaniciennes et opératrices de radar. Bien que la plupart des membres du CWAC aient servi au Canada, trois compagnies de femmes soldats ont été envoyées outre-mer en 1943.

  • Service féminin de la Marine royale du Canada (SFMRC)

    Le Service féminin de la Marine royale du Canada (en anglais seulement), dont les membres étaient communément appelées les « Wrens » d'après le sobriquet de leurs homologues de la Women's Royal Naval Service (service féminin de la marine royale britannique) a été officiellement établi le 31 juillet 1942. La dernière branche des forces armées du Canada à recruter des femmes, le SFMRC a atteint environ 7 000 membres. Au début, les « Wrens » effectuaient des tâches administratives et de bureau afin que plus d'hommes puissent être libérés et affectés à bord des navires. Par la suite, leur rôle a été élargi et elles ont assumé les fonctions d'opérateurs de radars côtiers et de codeurs.

Après la Seconde Guerre mondiale

Après la Seconde Guerre mondiale, les Forces canadiennes ont mis fin aux organisations de femmes. Avec le début de la guerre froide et la guerre de Corée, cependant, les forces armées ont bientôt dû faire face à une pénurie de personnel et elles ont recommencé à recruter activement des femmes. Bien que très peu d'infirmières militaires aient été envoyées en Corée, il y avait un certain nombre de femmes militaires au Canada qui remplissaient les mêmes genres de rôles qu'elles avaient effectués pendant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, leur nombre s'est mis à diminuer vers la moitié des années 1950 alors que les nouvelles technologies entraînaient une diminution des besoins en personnel dans plusieurs métiers.

Un aspect important de la guerre de Corée était le retour des blessés canadiens et américains qui étaient soignés par les infirmières de l'USAF, de l'USN et de l'ARC. Une infirmière de l'ARC, le Lt avn Joan Drummond (à gauche) et des infirmières de l'USAF observent l'équipe médicale en train de soigner un soldat blessé.

Photo : Ministère de la Défense nationale

L'unification et la modernisation des Forces canadiennes à la fin des années 1960 ont permis pour de bon aux femmes de s'enrôler et d'avoir accès à des rôles non traditionnels. Aujourd'hui, les femmes participent à des missions de combat, dirigent des navires et commandent des escadrons aériens – et ont autant d'options de cheminement de carrière que les hommes.

Sacrifices

Les Canadiennes qui ont choisi de servir pour défendre la cause de la paix et de la liberté, pendant les années de guerre, ont dû subir et surmonter les inégalités de la société d'alors. Par exemple, la rémunération des femmes demeurait inférieure à celle des hommes de même rang pendant la Seconde Guerre mondiale et les femmes militaires étaient parfois en butte aux critiques venant de personnes qui pensaient que la place de la femme était à la maison.

En choisissant de s'enrôler dans les forces armées, les femmes se déclaraient également prêtes à s'exposer à des situations potentiellement dangereuses où leur vie serait en jeu. Les infirmières militaires canadiennes en particulier se sont retrouvées en danger puisqu'elles servaient souvent dans des hôpitaux de campagne près des champs de bataille. Plus de 45 de ces braves femmes sont mortes pendant la Première Guerre mondiale, perdant la vie lors de bombardements ennemis sur des hôpitaux de campagne, d'attaques de navires ou à la suite de maladies auxquelles elles étaient exposées en raison des dures conditions de la guerre. Un nombre encore plus important de femmes ont servi pendant la Seconde Guerre mondiale et une infirmière militaire, le Sous-lieutenant Agnes Wilkie, a péri dans le naufrage du traversier SS Caribou torpillé par un sous-marin allemand lors d'une traversée entre le Cap-Breton et Terre-Neuve. Sept membres du SFARC ont péri en service durant la guerre.

Les dangers sont tout aussi présents aujourd'hui, alors que l'évolution des rôles des femmes dans les Forces canadiennes les mène vers de nouvelles tâches périlleuses. La Capitaine Nichola Goddard, une observatrice d'artillerie avancée, a été tuée pendant un échange de tirs en Afghanistan en 2006 – la première Canadienne à mourir dans un rôle de combat.

La Capitaine Nichola Goddard. Photo : Ministère de la Défense nationale

Héritage

Pendant les deux guerres mondiales, un grand nombre de femmes pensait que la chance qu'elles avaient de s'enrôler et d'aider leur pays par tous les moyens nécessaires était du genre qui n'arrive qu'une fois dans la vie. L'évolution de leurs rôles au cours de ces années turbulentes a été à l'origine d'importants changements dans la façon dont la société percevait les femmes. Leur service et leurs sacrifices ont aidé à influencer la décision d'accorder le droit de vote fédéral à un grand nombre de femmes canadiennes en 1917. Les efforts de ces femmes pionnières ont contribué à ouvrir la voie aux femmes qui aujourd'hui servent dans un large éventail de rôles dans les Forces canadiennes.

Sergent Viviane Jean Baptiste, du 34e Régiment, a traduit les symptômes des patients qui avaient besoin de soins à la suite du tremblement de terre qui a dévasté Haïti, en janvier 2010.

Photo : Ministère de la Défense nationale


Monuments commémoratifs à l'intention des femmes

Page principale du monuments commémoratifs

Les femmes sur le front intérieur

Au foyer

Les femmes n'ont pas seulement fait d'importantes contributions en uniforme, elles ont également joué un rôle vital dans les efforts de guerre de notre pays sur le front intérieur. La vie familiale pouvait être pénible en temps de guerre. Le « rationnement » était en vigueur durant la Première et la Seconde Guerres mondiales, ce qui rendait difficile d'obtenir certains produits comme le sucre, le beurre, les œufs et les autres aliments rares qui étaient nécessaires pour nourrir les hommes en service outre-mer. Certains produits comme le caoutchouc, l'essence, les métaux et le nylon étaient également rares puisqu'ils étaient essentiels à l'effort de guerre. Les femmes ont participé à l'effort en faisant don d'ustensiles et d'autres articles ménagers lors des campagnes de récupération de ferraille et en encourageant les autres à « tout utiliser jusqu'à l'usure et après ça, s'en passer ». Cet esprit se traduisait même dans les annonces publicitaires. « J'aime ma patrie! », disait une femme sur une affiche de la Seconde Guerre mondiale en enroulant ses cheveux à l'aide de rouleaux de papier au lieu de bigoudis, contribuant ainsi à économiser le métal et le caoutchouc qui pourraient ainsi servir à la fabrication de fusils et de pneus pour les véhicules militaires.

La relative rareté des aliments et des biens de consommation essentiels à l'effort de guerre mena au rationnement. Chaque homme, femme et enfant recevait un ensemble personnel de carnets de rationnement qui lui permettait d'acheter de l'essence, du beurre, du sucre, de la viande, du thé et du café. Photo : Montréal Gazette, Bibliothèque et Archives Canada/PA-108300

Efforts inlassables

Ce n'était pas facile pour ces femmes de remplir leurs nouveaux rôles en raison des exigences de la guerre tout en préservant les rôles traditionnels féminins de l'époque. Un grand nombre de femmes travaillaient inlassablement au foyer, combinant souvent leurs tâches domestiques avec un travail bénévole lié à la guerre dans des organisations de femmes ou des cantines militaires.

La guerre fit accroître le besoin de métal. Les civils, dont des enfants, participèrent à l'effort de guerre en organisant des cueillettes de ferraille.

Photo : Malak, Bibliothèque et Archives Canada/PA-182924

Les femmes contribuaient également à l'effort de guerre en faisant des dons de sang et en achetant des obligations de guerre. Un grand nombre d'entre elles avaient leurs propres jardins (appelés les jardins de la Victoire pendant la Seconde Guerre mondiale) ou encore travaillaient bénévolement dans des jardins communautaires afin que plus de légumes et de fruits puissent être cultivés pour assurer l'approvisionnement de la population locale.

À la ferme

Des pressions s'exerçaient également sur les fermes canadiennes qui devaient satisfaire aux besoins toujours croissants de denrées alimentaires pour l'effort de guerre, alors qu'un grand nombre de jeunes travailleurs agricoles s'enrôlaient. Beaucoup d'agricultrices ont dû faire face à la réalité, c'est-à-dire qu'elles devaient assurer elles-mêmes l'exploitation de la ferme et élever les enfants, pendant que leurs maris, leurs fils et les ouvriers agricoles étaient partis en guerre.

L'affiche de guerre - Venez à la ferme.

Photo : Allan and Sharon Kerr Collection

Les mères travaillaient côte à côte avec leurs enfants à la ferme afin de s'assurer que celle-ci survivrait et deviendrait prospère, en assumant, en plus des travaux agricoles habituels des femmes, des responsabilités comme la plantation, la récolte, le soin du bétail, la traite des vaches et la gestion des finances. Elles se sont bien adaptées à ce changement de rôles, tant et si bien que lorsque les hommes sont revenus après la guerre, beaucoup d'entre elles ont continué à donner un coup de main à la ferme d'une toute nouvelle façon.

Organisations de femmes

Les Women's Institutes (WI) (instituts féminins) ainsi que d'autres groupes de femmes ont également participé à l'effort de guerre. Aider les voisins faisait partie de la vie quotidienne de leurs membres et pendant la guerre leur « voisinage » s'est agrandi pour englober ceux et celles qui servaient dans les forces armées. Leurs projets en temps de guerre, pour n'en nommer que quelques-uns, comprenaient la confection de courtepointes, de bandages et de vêtements pour les hommes en service outre-mer. Les groupes de femmes envoyaient des livres, des journaux et des petites douceurs aux hôpitaux militaires d'outre-mer. Elles organisaient aussi des fêtes « d'adieu » et « d'accueil » pour les militaires de leur région et, après la guerre, elles étaient à l'avant-garde des efforts visant la création de monuments commémoratifs locaux. Les WI géraient aussi un « Central War Charities Fund » (fonds central des secours de guerre) qui a permis de recueillir plusieurs millions de dollars pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ethel Mitchell soude des lames-chargeurs de fusils-mitrailleurs Bren dans une usine de munitions de Toronto. Mai 1941. Photo: Bibliothèque et Archives Canada C-075211

Grâce à leurs liens avec le secteur de l'agriculture, les WI ont pu coopérer avec le gouvernement pour l'établissement de bureaux de main-d'œuvre agricole (farm labour bureaus) visant à encourager les citadines à se porter volontaires pour aider aux récoltes. Les WI organisaient aussi des « clubs de mise en conserve » afin de répondre à la demande élevée de fruits et de légumes en conserve. L'expérience de leurs membres dans l'adaptation de recettes en fonction des pénuries pendant la guerre a mené à la publication de livres de recettes spéciaux. La femme au foyer ordinaire, qui se démenait pour préparer des repas compte tenu du rationnement des aliments, trouvait ces livres d'une grande utilité.

Médailles et décorations

Page principale du médailles

Dans l'industrie

Un grand nombre d'hommes ont quitté leurs emplois civils pour aller se battre pour leur pays pendant les deux guerres mondiales. Il fallait pourvoir à ces postes et, en particulier pendant la Seconde Guerre mondiale, les femmes n'ont pas hésité à se manifester rapidement pour répondre à la demande débordante de travailleurs dans une économie de guerre canadienne en pleine expansion. Au début de la guerre, environ 570 000 femmes travaillaient dans l'industrie canadienne, occupant pour la plupart des postes d'employées de bureau. Cinq ans plus tard, près d'un million de femmes y travaillaient et beaucoup d'entre elles occupaient des emplois traditionnellement masculins dans le secteur manufacturier.

Une draveuse non identifiée utilise une gaffe pour déplacer des billes d'épinette; îles de la Reine Charlotte (C.-B.)

Source : Richard Wright / Office national du film du Canada. Photothèque / Bibliothèque et Archives Canada / PA-116159

Au départ, on hésitait à permettre aux femmes d'accéder à de nouveaux domaines d'emploi. Mais au fur et à mesure que la guerre se déroulait, il devint évident que le Canada devait exploiter à fond ses ressources, et dans le contexte, la contribution des femmes était indispensable. Un grand nombre de nouvelles usines avaient été établies pour la fabrication de fusils, de munitions, d'avions et de navires, entre autres, et bientôt on a pu trouver des femmes dans presque toutes les usines, travaillant aux côtés de leurs homologues masculins.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les mesures incitatives s'adressant aux travailleuses – comme les garderies en milieu de travail – ont pris fin et les femmes ont été encouragées à quitter le marché du travail. Nombre d'entre elles ont continué à travailler, mais surtout dans le secteur florissant des services. Les années de guerre avaient changé le visage des lieux de travail du Canada pour toujours.

En l'absence d'hommes, qui s'étaient enrôlés dans les forces armées durant la guerre, le gouvernement canadien incita les femmes à travailler pour soutenir l'effort de guerre et l'industrie qui ne cessait de produire.

Photo : © Musée canadien de la guerre AN19900075-081

Une contribution remarquable

Les contributions du Canada pendant les années de guerre auraient été bien différentes n'eût été des rôles vitaux joués par les femmes sur le front intérieur. L'effort de guerre concernait tous les Canadiens, et les femmes ont fait plus que leur juste part à cet égard, accomplissant et sacrifiant beaucoup pour la cause de la paix et de la liberté. Les réalisations remarquables de ces femmes pionnières subsistent encore aujourd'hui.

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