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Sergent (à la retraite) Nadia Duranleau

Nadia Duranleau a grandi à Beloeil, dans la région de Montréal. En 1990, alors qu’elle travaillait dans une boutique de vêtements de la rue Sainte-Catherine, son parcours de vie a pris un tournant inattendu. En route vers une soirée entre amis, un simple détour a marqué le début d’une carrière de 20 ans au sein des Forces armées canadiennes.

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Sergent (à la retraite) Nadia Duranleau

« Jamais, mais jamais j’avais contemplé l’idée de joindre les Forces armées », affirme Nadia Duranleau, sergent à la retraite des Forces armées canadiennes.

« Je me suis enrôlée par un concours de circonstances en 1990, à l’âge de 19 ans. Mes études n’allaient nulle part. J’avais une amie qui devait passer au Centre de recrutement sur la rue Guy pour prendre des informations pour un enrôlement éventuel… ce qui devait arriver arriva.»

« Je me suis enrôlée par un concours de circonstances en 1990, à l’âge de 19 ans. Mes études n’allaient nulle part. J’avais une amie qui devait passer au Centre de recrutement sur la rue Guy pour prendre des informations pour un enrôlement éventuel… ce qui devait arriver arriva.» L’amie en question a fini par renoncer complètement à l’enrôlement, et c’est plutôt Nadia qui est allée de l’avant. «Je me suis engagée en tant que fantassin ».

À l’approche de son instruction, elle s’est vite rendue compte que le rôle de fantassin ne lui convenait pas. Elle a ainsi changé de métier pour celui de cuisinier, et a pris la route de la base de Borden, où elle a suivi son cours de cuisinier. Son premier déploiement avec les Casques bleus ne s’est pas fait attendre, et elle a pris la direction de Daruvar, en Croatie.

Il est typique lors d’une mission de paix que les membres d’une unité mettent la main à la pâte pour ériger le campement qui les abritera pour la durée de leur mission. Dès son arrivée, Nadia a donc participé à la construction du secteur où allait être établie son unité de soutien logistique.

Les signes de destruction laissées par la guerre civile autour du camp et du village de Daruvar l’ont marquées : « Au grade de soldat, premier déploiement, à peine un an et demi suivant l’enrôlement, même avec l’excitation du déploiement, de partir à l’étranger et tout ça, d’être confrontée de façon journalière au paysage de l’après-guerre, disons que ça été très déstabilisant. Mais on s’y fait vite. »

Forte de son expérience en Croatie, Nadia Duranleau s’est portée volontaire pour un second déploiement, en 1999. Cette fois, elle a passé six mois au Timor oriental, dans le cadre d’une mission humanitaire conjointe avec les Forces australiennes. Elle était la seule femme présente au sein d’un contingent de plus de 250 militaires. L’unité dont elle faisait partie a, entre les patrouilles du territoire, aidé à remettre sur pied une école et un hôpital.

Nadia au Timor

Son expérience peut-être la plus marquante dans le cadre de ce déploiement s’est produite lors d’un exercice de jogging à la fin d’un quart de travail, avant d’aller dormir. « Sur mon chemin vers le camp des ingénieurs vers où j’allais courir, il y avait toujours deux petites filles de la même famille. Dévêtues, pas propres […] J’offre les poupées à la plus vieille. À mon retour, la plus jeune m’attendait au bord de la route avec le plus grand sourire, la Barbie en main. Je dirais que ça, ça fait mon tour de six mois! ».

« Pour ma part, et pour ma famille, la commémoration est un jour sombre, et le restera toujours. Les militaires qui ont perdu la vie, peu importe la génération […] ce sont des militaires qui ont eu l’espoir de vaincre, qui ont eu l’espoir d’un monde meilleur, et d’avoir l’espoir de retourner à la maison pour vivre en paix aux côtés de leurs êtres chers. »

Après 20 années de service, Nadia Duranleau a pris sa retraite en 2011 à la suite d’un accident. Lorsqu’il est question de parler des sacrifices consentis par les vétérans d’hier et d’aujourd’hui, elle n’hésite pas : « Pour ma part, et pour ma famille, la commémoration est un jour sombre, et le restera toujours. Les militaires qui ont perdu la vie, peu importe la génération (…), ce sont des militaires qui ont eu l’espoir de vaincre, des militaires qui ont eu l’espoir d’un monde meilleur, et d’avoir l’espoir de retourner à la maison pour vivre en paix aux côtés de leurs êtres chers. »

Nadia a eu l’occasion récemment d’échanger au sujet de ses expériences et de la commémoration avec un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, M. Joseph-Amable Dubé. Malgré les cinq décennies qui séparent leur service militaire respectif, ils se sont accordés sur une facette toujours bien présente de l’armée : la camaraderie. « Parce qu’on vit ensemble, on est tous des frères et on s’aime. On se parle. On a du fun, » a dit M. Dubé. « Absolument, » a-t-elle ajouté.

Son conjoint et son fils sont toujours membres actifs des Forces armées canadiennes. Duranleau est co-capitaine de l’équipe canadienne qui se rendra aux Jeux Invictus de La Haye, reportés en 2021 en raison de la COVID-19. Elle est aussi bénévole pour le Club des petits déjeuners du Canada.

Avec courage, intégrité et loyauté, Nadia Duranleau a laissé sa marque. Elle est l’une de nos vétérans canadiens. Laissez-la vous raconter son histoire en écoutant son épisode de notre balado Visages de la liberté. Explorez d’autres histoires.


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