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Premier maître de 2e classe Tony Tremblay

Tony Tremblay a servi dans la Marine royale canadienne durant 23 ans. Une simple lettre, qu’on lui a remise alors qu’il était à bord du NCSM Athabaskan durant la guerre du golfe Persique, a changé le cours de sa vie.

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Nous sommes en décembre 1990. Voilà plus de quatre mois que l’Iraq a envahi le Koweït. La plus grande coalition de forces militaires depuis la Seconde Guerre mondiale est réunie au Moyen-Orient pour défendre le peuple koweïtien et sa liberté.

Les tensions sont fortes!

Dans le golfe Persique, le NCSM Athabaskan du Canada assure la protection des eaux au large de l’Iraq et du Koweït occupé.

À bord du navire se trouve Tony Tremblay, un jeune opérateur de capteur électronique naval à qui l’on vient de remettre une enveloppe.

Originaire de Saint-Marc-de-Latour, au Québec, M. Tremblay n’avait jamais pensé de faire carrière dans les forces armées; encore moins de prendre part à une guerre.

Cependant, la vie l’a mené dans la Marine lorsque ses études en génie civil ont avorté.

Il s’est enrôlé à Sept-Îles, au Québec, en mars 1986. Après avoir réussi la formation de base de quatorze semaines à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, et une deuxième formation de neuf mois à Esquimalt, en Colombie-Britannique, il a obtenu une affectation à Halifax comme membre de l’équipage du NCSM Athabaskan.

Certains auraient choisi de s’envoler vers la côte est, mais M. Tremblay avait d’autres plans.

« J’ai acheté une voiture et j’ai parcouru le pays durant treize jours et douze nuits. Je ne referais jamais cela. C’était du délire. »

« Tout est à apprendre. Si un feu se déclare, il faut l’affronter. Il faut savoir lutter contre les incendies et maîtriser les eaux. En somme, il faut connaître tout le navire et ses compartiments. C’est une grosse commande, qui est déconcertante! »

Le navire Athabaskan se trouve en mer alors que M. Tremblay arrive finalement à la BFC Stadacona en 1987. Il y embarquera bientôt pour acquérir les rudiments du métier. « Tout est à apprendre. Si un feu se déclare, il faut l’affronter. Il faut savoir lutter contre les incendies et maîtriser les eaux. En somme, il faut connaître tout le navire et ses compartiments. C’est une grosse commande, qui est déconcertante! »

M. Tremblay s’adapte rapidement à la vie au large. Il affirme avec fierté : « Je n’ai pas été malade, ce qui est une chance. Le mal de mer, c’est insupportable. »

Au cours de sa carrière navale, M. Tremblay s’est rendu à deux reprises dans le cercle arctique, en plus d’avoir voyagé dans les Caraïbes, en Europe et en Russie, pour ne nommer que ces endroits.

Il profite d’un congé pour visiter sa famille à Baie-Comeau, au Québec, lorsqu’il apprend son déploiement imminent au Moyen-Orient.

Tony Tremblay sur le NCSM Athabaskan

« Le téléphone a sonné tôt le matin. Ma mère me dit : “C’est pour toi.” Mon supérieur est au bout du fil. »

M. Tremblay entend alors : « Tu pars pour le Golfe! »

Il est retenu pour cette mission précisément en raison de l’expérience qu’il a acquise sur le navire Athabaskan. Il prend sur-le-champ la route vers Halifax et, en un éclair, il se trouve en zone de guerre.

« Je me rappelle ne pas avoir eu peur du tout. Ça ne me dérangeait pas. J’ai toujours eu la conviction que la Marine était parée à toute éventualité. Avec du recul, notre technologie et notre armement étaient dépassés, mais un jeune de 23 ans ne pense pas aux risques ni au danger. »

M. Tremblay était prêt pour la mission. Toutefois, rien dans sa formation militaire ne l’avait préparé à ce qui l’attendait après avoir ouvert l’enveloppe qu’on lui avait remise un jour de décembre.

Comme les troupes canadiennes participent à une première guerre en près de 40 ans, les citoyens de tout le pays font parvenir des mots d’encouragement à nos soldats. Le navire Athabaskan en reçoit alors des milliers. Le destin décide alors de remettre la lettre de Laurien Gutsole dans les mains de Tony.

Nos deux complices deviennent alors correspondants, s’écrivant à tour de rôle durant des mois tandis que Tony est au large. Ils décident enfin de se rencontrer au retour du marin en sol canadien.

Vous devinez la suite de l’histoire!...

« Le 10 mai 1991, il est arrivé à Oakville, affirme Laurien. Comme on s’entendait bien, nous avons décidé de prolonger son séjour d’une semaine. »

Cette semaine a mené à 28 années de mariage et de vie militaire.

Bien sûr, il a fallu surmonter des défis au fil des ans. Le déploiement de sept mois de Tony en Afghanistan après le 11 septembre 2001 est l’un de ceux-là.

« C’est le déploiement qui m’a le plus effrayée, raconte Laurien. Le monde était soudainement devenu beaucoup plus angoissant. »

« Les membres de la communauté militaire ont été extraordinaires – à Halifax tout particulièrement, où j’ai appris à être l’épouse d’un marin. Les gens savaient que mon mari était en mer; il y avait toujours quelqu’un qui m’offrait de l’aide. J’ai vraiment, vraiment aimé ma vie. »

Grâce à son réseau de soutien, Laurien, indépendante de nature, a été en mesure de traverser les moments les plus difficiles. « Les membres de la communauté militaire ont été extraordinaires – à Halifax tout particulièrement, où j’ai appris à être l’épouse d’un marin. Les gens savaient que mon mari était en mer; il y avait toujours quelqu’un qui m’offrait de l’aide. J’ai vraiment, vraiment aimé ma vie. »

Tony a pris sa retraite des forces régulières en 2009, mais il s’est inscrit comme réserviste. Il travaille depuis au quartier général du Centre de recrutement des Forces armées canadiennes du Sud de l’Ontario.

Si on lui demande l’événement marquant de sa carrière, il a à peine le temps de mentionner la guerre du Golfe que Laurien l’interrompt en riant : « Non, mon chéri, tu sais qu’il y a une seule bonne réponse… »

D’une certaine manière, ils ont tous deux raison. Sans la guerre, cette lettre n’aurait jamais été écrite.

Avec courage, intégrité et loyauté, Tony Trembly a laissé sa marque. Il est l’un de vos vétérans canadiens. Explorez d’autres histoires.

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