Deux braves du 22e Régiment

Au moins deux soldats autochtones qui servirent dans le 22e Bataillon canadien-français45 obtinrent la Médaille militaire pour bravoure.

En février 1918, William Cleary, âgé de 20 ans, un Montagnais et un ancien bûcheron de Pointe-Bleue, au Québec, se porta volontaire pour se joindre à un détachement chargé de faire un raid sur un poste ennemi près de Lens, en France. Par la suite, quand les commandos revinrent dans leur tranchée, ils se rendirent compte que deux des leurs manquaient à l'appel. Cleary retourna immédiatement au poste ennemi et, avec l'aide de trois soldats, ramena les deux hommes qui avaient tous deux été blessés.

Trois mois plus tard, Cleary fut blessé par balle. Il dut passer une période de convalescence en Grande-Bretagne et revint au Canada en février 1919. Plus tard au cours de la même année, Cleary reçut la MM des mains du prince de Galles, le futur Édouard VIII.

Le 15 août 1917, le premier jour de la bataille de la côte 70 en France, le soldat Joseph Roussin, un Mohawk de la bande de Kanesatake au Québec, gagna sa médaille pour avoir réussi une attaque solo contre huit soldats ennemis. L'ancien bûcheron en revint avec trois prisonniers et une coupure grave au bras causée par une baïonnette ennemie. Heureusement, la blessure se cicatrisa, et il retourna promptement au combat un mois plus tard.

Dans l'histoire du bataillon, Roussin figure comme l'un des « deux célèbres éclaireurs » du bataillon (l'autre est Cleary) :

Dans la hutte de l'aumônier ... voici un autre blessé qui vient se faire panser. Il a reçu une balle au poignet. C'est un des éclaireurs du 22e, Roussin, un Indien, l'homme le plus de fois blessé du régiment et, peut-être de l'armée britannique, car, à la suite de cette déchirure, il pourra porter un neuvième galon de blessure. D'ailleurs, aussitôt pansé, il retourne à son poste; il commence à s'habituer!46

Roussin survécut à la guerre et revint au Canada à la fin de 1918.

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