De beaux moments avec des civils à Bernières-sur-Mer

Des héros se racontent

De beaux moments avec des civils à Bernières-sur-Mer

Transcription
Est-ce que vous avez eu l’occasion de rencontrer des civils? Oui. Des enfants, des familles? Des enfants, des adultes. À Bernières, le lendemain, après qu’on ait passé la nuit, c’était le 3e jour, on était à Bernières, le village de Bernières, on était 3. On parlait français. On a rencontré des personnes là, ils étaient devant leur maison, on commençait à parler avec eux autres, ils étaient tout contents de voir qu’on pouvait communiquer ensemble! Avant ça, il en avait passé quelques-uns, mais c’était des anglophones, ils ne pouvaient pas communiquer, mais nous autres on pouvait parler, ils étaient contents. Ils nous ont invités dans leur maison, on s’est assis à leur table. Ils m’ont fait goûter au café d’orge qu’ils avaient dans ce temps-là. Ça c’était quelque chose. Ils étaient contents de nous voir, c’est pas possible. Pour eux autres, on était des héros, des libérateurs, nommez-les, on avait toutes les qualités du monde. On les avait libérés. Malgré le chaos de la guerre, vous avez vécu des beaux moments? Des beaux moments, ça, ça en est un, ça a pas été le seul, mais c’est un des premiers. Les premiers on s’en rappelle. Je m’en rappellerai tout le temps. Comment ils étaient contents de nous voir arriver. Avant nous autres, ils avaient vu les fantassins, passer l’infanterie. L’infanterie, ils ne pouvaient pas arrêter, mais nous autres on pouvait arrêter, on pouvait communiquer avec eux autres, c’était quelque chose. Ils étaient contents. Si ça avait été des anglophones, il n’y aurait pas eu, mais nous autres on parlait français. Ils étaient contents. La madame qui était là, il faut que je vous compte ça aussi, ça c’est un moment inoubliable, elle m’a dit, comment ça se fait que tes deux camarades, on a de la misère à les comprendre, on les comprend mais on a plus de difficulté, toi on te comprend bien, on a pas de misère, qu’est-ce qui se passe? Eux autres, c’était des Montréalais, les deux autres, et ils avaient l’accent montréalais. Tandis que moi je venais de l’Ontario, le petit village de Casselman, j’avais pas d’accent. Du moins j’avais un accent mais c’était pas le même accent. Ils avaient moins de difficulté à me comprendre que les Montréalais. Je leur ai expliqué ça et ils étaient contents. Nous autres aussi on était contents. Se faire inviter, c’était tout un honneur, inviter dans leur maison, s’assoir à leur table, c’était tout un honneur, ôtez-vous de là. C’était presque aussi un honneur que de porter ces médailles-là. Ça c’est des moments inoubliables. Après ça, quand on partait d’un village à l’autre, on était tous dans des camions de soldats, les Français et les Françaises avaient probablement vu sur des images, avec des drapeaux qu’ils s’étaient fabriqués eux-autres même, des fois c’était le bon, des fois c’était pas le bon, ils étaient contents de nous recevoir. Ça criait, c’était content, ça chantait, ça faisait tous les temps de nos voir arriver. Là ils étaient libérés. Les Allemands, quand ils étaient là, c’était pas tout à fait pareil, parce qu’ils étaient rationnés. Ils étaient peut-être bien rationnés encore, mais seulement c’était eux autres même qui se rationnaient. C’était pas imposé par les autres. Ils étaient tellement contents. Je ne peux pas le décrire comment ils nous recevaient, comment ils étaient contents. Vous avez vécu ça à plusieurs occasions? À plusieurs occasions, quand on était derrière les camions. Ils nous envoyaient la main, on leur envoyait la main. Ils chantaient et ils brandissaient leurs drapeaux, bien souvent faits à la main. Ils étaient contents. Je ne peux pas le décrire. La meilleure description que je peux voir c’est si vous regardez des images qui ont été prises dans ce temps-là, vous les voyez, tellement qu’ils étaient contents. Des jeunes, des enfants, avec leurs parents. Des personnes comme ça, qui étaient aptes à travailler mais qui avaient des positions et qui ne pouvaient pas être réquisitionnées, eux autres pouvaient rester. Sans ça, c’était des vieillards qui ne pouvaient pas travailler ou des enfants. C’est ça que c’était. La même réception a été en Belgique et en Hollande pareil, ils étaient donc contents de nous voir, c’est pas possible. Après ça on est arrivés en Allemagne.
Description

M. Farley parle de moments précieux qu’il a vécus en compagnie de civils alors que lui et quelques camarades ont été invités à prendre le café dans leur maison.

Raymond Farley

Monsieur Farley est né au mois d’octobre 1925 à Crysler, en Ontario. Il s’est enrôlé à 16 ans en 1942 et s’est entrainé au Canada, ainsi qu’en Angleterre avec la 23e Ambulance de campagne, avant de débarquer en France lors du jour J + 1, le 7 juin 1944. Il a soigné des blessés en Normandie, en Belgique, en Hollande, et en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre, en mai 1945. Il s’est ensuite porté volontaire pour la guerre dans le Pacifique, mais il était en permission en Ontario et prêt à partir pour l’entrainement en août 1945 lorsque la guerre a pris fin.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Date d’enregistrement :
10 août 2017
Durée :
5:13
Personne interviewée :
Raymond Farley
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
Normandie
Campagne :
La bataille de Normandie
Branche :
Armée
Unité ou navire :
23e Ambulance de campagne
Grade militaire :
Soldat
Occupation :
Infanterie

Droit d’auteur ou de reproduction

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