On ne réalise pas la peine qu’on fait à nos parents

Des héros se racontent - La Seconde Guerre mondiale

On ne réalise pas la peine qu’on fait à nos parents

Transcription
Quand vous pensez aux sacrifices que vous avez faits, pendant la guerre, est-ce que vous? Je n’ai pas fait de sacrifices moi. Mais vous avez quitté votre famille pendant des mois, vous avez? C’était pas des sacrifices, j’aimais ça. C’était pas des sacrifices, j’aimais ça, moi. Mais mes parents en ont fait des sacrifices, et quand je pense aux sacrifices qu’eux autres ont dû faire, c’est eux autres que je plains, pas moi. Eux autres étaient à plaindre parce qu’eux autres étaient inquiets pour moi. Ils avaient tout le temps peur que je me fasse tuer. Ma mère a reçu un télégramme. Elle avait reçu un télégramme de mon frère. C’était pas un mauvais télégramme, au contraire, il venait se promener, celui-là qui était sergent, il était dans l’aviation et il venait se promener à Halifax et demandait à sa femme d’aller le rejoindre. Ma mère pensait que c’était un télégramme pour moi. Elle a été malade toute la journée. C’est à eux autres que je pense. Pas à moi. Moi, j’étais content. Ce que eux autres ont enduré, ça, c’est très dur. Les peines que je leur ai causées. Mais vous avez pas fait ça de manière égoïste, vous avez fait ça pour servir votre pays? Non, c’est d’une manière égoïste. Mais les intentions étaient bonnes? Les intentions étaient peut-être bonnes, mais c’était de manière plutôt égoïste quand même. Moi, l’Armée, quand j’étais jeune, un soldat c’était la meilleure affaire que je pouvais faire. C’était égoïste de ma part. Je ne pensais pas, étant jeune, on ne réalise pas la peine qu’on fait à nos parents. Mais en y repensant, est-ce que vous êtes quand même fier du service que vous avez fait pour votre pays? Oui, en y repensant, je suis fier, mais en même temps, j’ai beaucoup de peine en repensant à mes parents, ce que je leur ai fait endurer. J’étais fier, j’étais content, j’étais heureux. C’était mon élément. S’ils avaient pu me garder dans l’Armée, j’aurais été le plus heureux des hommes.
Description

M. Farley raconte avec émotion les sacrifices qu’il a fait endurer à sa famille, surtout à sa mère, par son service militaire.

Raymond Farley

Monsieur Farley est né au mois d’octobre 1925 à Crysler, en Ontario. Il s’est enrôlé à 16 ans en 1942 et s’est entrainé au Canada, ainsi qu’en Angleterre avec la 23e Ambulance de campagne, avant de débarquer en France lors du jour J + 1, le 7 juin 1944. Il a soigné des blessés en Normandie, en Belgique, en Hollande, et en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre, en mai 1945. Il s’est ensuite porté volontaire pour la guerre dans le Pacifique, mais il était en permission en Ontario et prêt à partir pour l’entrainement en août 1945 lorsque la guerre a pris fin.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Date d’enregistrement :
10 août 2017
Durée :
2:52
Personne interviewée :
Raymond Farley
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
Canada
Branche :
Armée
Unité ou navire :
23e Ambulance de campagne
Grade militaire :
Soldat
Occupation :
Infanterie

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